Femmes, l’éternel discours

Un jour en Égypte, un professeur d’instruction islamique affirma que la femme possède moins de cervelle et moins de religion que l’homme. Deux jeunes filles réfutèrent son raisonnement et consultèrent un Fqih. Il leur dit: « Vous avez raison , mesdemoiselles ! C’est faux ! Ce que vous a démontré votre professeur était vrai au temps du prophète, or aujourd’hui, les femmes n’ont plus de cervelle et encore moins de religion ! »

L’anecdote prête à sourire et porte en même temps à la réflexion. En effet, un Hadith Nabaoui, souligne que le témoignage d’un homme équivaut à celui de deux femmes. Ledit Hadith, explique par ailleurs que la femme qui a ses menstrues, pratique le rituel de la prière quelques jours de moins que l’homme qui prie régulièrement. De là à ergoter sur le manque d’intelligence et de religion d’une femme, il n’y a qu’un pas mais un pas de géant !

Qu’un homme comme ce professeur sous-estime la femme, grand bien lui fasse ! Nous aussi, il nous arrive de déprécier la valeur d’un homme. Dans la vie, il y a du bon et du mauvais en tout. Qu’il cherche à gna gna gna, qu’il croit que les femmes sont bla bla bla ou qu’elles ne font bien bien ceci ou cela, c’est son problème. Qu’un homme nous traite de « sexe faible » si cela le rassure ! Qu’il soit macho ou se prétende meilleur ou plus fort si cela lui donne des frissons ! Enfin qu’il soit stupide, cupide, autoritaire, puissant ou misérable, soit ! Tous les goûts sont dans la nature.

Mais que des hommes aux lois sectaires nous pompent l’air, non merci. Qu’ils se mêlent d’édicter nos droits et devoirs, c’est stop, hors jeu ! Qu’ils nous chassent de notre place au soleil, c’est hors de question ! Qu’ils nous maintiennent hypocritement dans l’ignorance de nos libertés individuelles, c’est non ! Qu’ils nous utilisent comme bouc émissaire ou souffre-douleur, c’est basta !

Si on vit ensemble, c’est pour le fifty-fifty. Que nos droits ne soient pas impunément bafoués et que leurs devoirs soient respectés. N’est-il pas terrible de voir des femmes battues, des divorcées, veuves ou héritières lésées, qui ne réclament qu’une seule chose ; que justice soit faite ?

Pourquoi les hommes abusent-ils de nos droits ? Pourquoi empiètent-ils sur les nôtres ? N’en possèdent-ils pas assez ? Voilà un homme qui répudie sa femme et mère de ses enfants, pour le seul motif qu’elle a vieilli. Voilà tel autre, qui exige de son épouse qu’elle lui trouve une seconde femme, pour le seul plaisir de tester son monopole ! Un autre, se dit satisfait de détenir « vingts pistolets en sa faveur » mais refuse de céder à sa femme, ne serait-ce la liberté de demander le divorce ou celle de pouvoir se remarier sans perdre la garde de ses enfants, ou encore de réclamer une pension alimentaire décente pour ses enfants.

En vérité, l’obscurantisme dans lequel les décideurs (pour la grande majorité des hommes) relèguent la femme, n’est bénéfique ni pour elle ni pour son conjoint, ni pour l’homme, ni pour les enfants et ni pour la société . Contraindre les femmes au voile moral, c’est les violer dans leur conscience. Il faut le savoir, la femme ne sera jamais exclue concrètement. Même traitée (ou maltraitée) comme une négation, elle reste une réalité. Elle est et elle sera toujours présente sur la scène familiale, religieuse, sociale et économique d’un pays.

Chronique ” De bon cœur”.  23 novembre 1995.

 

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