Légendes urbaines

À ces “Bou wdina” hommes (et femmes) à la petite oreille, friands de rumeurs et racontars en tous genres, ou comme on dit de “Tberguigue”. À ceux qui vont à la pêche aux news. À ceux qui croient aveuglément aux récits populaires et folkloristes. À ceux qui ne font fonctionner ni leur jugeote ni leur esprit critique avant de juger, rejeter ou accepter. À ceux qui prennent pour acquis des histoires dénuées de logique, sans preuves et sans fondements…

Cherchent-ils seulement à en vérifier les sources et l’origine? Généralement, elles sont justes et justifiées mais trop souvent elles sont fausses, falsifiées ou fabriquées de toutes pièces. Vérités ou contrevérités?

On raconte que les humains sont guidés par deux Jnouns”, deux entités: Les “Galous” (ils ont dit) et les “Sma3’na” (on a entendu). Ces diables fouineurs et fournisseurs de croyances “venues d’ailleurs et sorties de nulle part” sont partout. Les hommes (et les femmes)  prennent à témoin les “Galous” et les “Sma3’na” pour propager des récits de toutes sortes. Par leur biais, l’information circule à tout va et chacun y met du sien pour la transformer, la pimenter et la recycler pour l’adapter au contexte actuel.

Et nous, incrédules, on avale naïvement l’info sans chercher à la valider par de solides références.  Bla-bla-bla… Tout y passe! Dodo, Bakchich, Haschisch et Baraka. Tout est bon pour cerner et encercler notre vie et celle des autres.

Même les faits et dires des prophètes n’y échappent pas! Ils subissent les avatars d’une si longue chaîne de “Banou Galous et Banou Sm3’na”. Une digne lignée des fils de “ils ont dit et nous avons entendu” qui nous enchaîne depuis des siècles.

Et nous voilà à la merci des vrais-faux messages et témoignages douteux. Nourriture des simples, des  faibles, des ignorants et des manipulateurs de tous bords,  les légendes urbaines ont un impact certain sur nos vies. Elles alimentent  les conversations de mille et une informations et… déformations.

Ewa… Galous !

 

 

 

 

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Comments

  1. Tendre oreille n’est le legs de notre seule société. Voir à travers les serrures n’est pas non plus l’apanage des musulmans en général et des arabes en particulier. C’est un phénoméne inné dans la structure des humains, qui dans l’impossibilité d’étre présent pour entendre ou écouter, envoie son sbire pour le faire à sa place et lui rapporter les moindres détails, bien entendu biaisés ou fabriquer en fonction de ce que le patron aime entendre.
    Le malheur, ce genre d’option est adoptée par la quasi majorité des décideurs. Bon nombre de conflits ont éclaté suite comme vous l’avez mentionné aux “prêtes oreilles”
    A une échelle inférieure, on trouve des directeurs qui ont leurs oreilles et leurs yeux dans toute la structure de l’organisme. Essayez de ne pas étre polie avec le Chaouch, ou de n’être pas la première à lui dire bonjours. Vous aurez des désagréments avec le boss sans nullement connaitre l’origine.
    Enfin, les gens qui ne se prêtent pas à ce genre de jeu sont très rares. Mais lorsqu’ils auront des problémes, leurs pairs les blâmeront pour n’avoir pas donné assez de l’élasticité à …ses yeux mais aussi à ses oreilles!

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