Parlons chiffons!

 

Là-bas on fiche à la porte des lycées les filles qui portent un chiffon sur la tête. Laïcité oblige!  Ici, dans un collège, la tenue de rigueur est le tablier et ils ne tolèrent ni les signes extérieurs de richesse ni ceux de religion : pas de bijoux, pas de Kippas, pas de croix et surtout pas de foulards!  Dans une prestigieuse Université, seul l’uniforme gris est de mise pour les étudiantes.  Sous d’autres cieux,  dans leurs écoles, le vêtement toléré est une espèce de voile noir informe : cachez moi ce corps que je ne saurai voir ! Plus au Sud, d’autres mœurs sont en vigueur :  les étudiantes, qui portent le pantalon sont exclues ! “Une fille bien élevée ne porte pas le pantalon !”  Vérité d’aujourd’hui, erreur de demain…

Au lycée français, le proviseur ne sait plus où donner de la tête ! Ah! La mode! Chaque jour, il assiste à un défilé de tenues vestimentaires, les unes plus extravagantes que les autres! Il passe une circulaire pour interdire les minis, elles arrivent avec un pull dos nu et jupe super-longue avec une fente jusqu’en haut des cuisses. Il envoie une autre circulaire pour interdire le long, elle portent le moulu-sexy. Il interdit le moulu, elles se mettent au décolleté plongeant-plongeant. Il propose le pantalon, elles lui préfèrent le cycliste, collant-moulant. À court d’idées, il opte pour le B.C.B.G. elles débarquent en « Crado » elles ont pris le « C » de chic pour celui de crade. Une façon comme une autre de laisser libre- cours à leur  libre-arbitre ! À bon entendeur, salut !

Ah ! Les femmes !

Franchement, toutes ces histoires de chiffons me chiffonnent ! Est-ce si important ? L’impudeur écrit Khalil Jibran est au yeux de l’impur. Pourquoi nous cacher?  Pourquoi nous imposer une façon de s’habiller dans l’espace public? De quel droit? ? Qui a peur d’être subjugué par les rondeurs féminines ? Qui craint pour le salut de son âme ?

Allez! On fait une trêve ? Nous ne sommes ni femmes faciles, ni faciles à vivre ! L’habit  ne fait ni le moine, ni  le diable. Dans les plus grandes capitales, toutes les tendances sont à l’honneur. La femme aime s’habiller comme bon lui semble, non comme le bon vouloir des hommes!

Depuis le temps que les religions prêchent la tolérance, faut-il qu’en ces temps troubles, nous vivions en pleine intolérance ? Non seulement chacun voit midi à sa porte, (ils ont oublié Greenwich) mais pire, chacun insiste pour faire entendre – plutôt de force que de gré- la voix  (la voie) de sa vérité !

Alors, voilà mon crédo : Que chacun suive son petit bonhomme de chemin, peut-être cahin-caha, mais qu’il avance à son rythme, sans brûler les étapes… de son évolution personnelle. C’est plus sage !

Nous avons tout notre temps et le choix et vaste ! Un jour porter une djellaba avec un châle,  un autre le short, la jupe, le pantacourt,  ou le pantalon avec un chapeau,  une fois ajouter un foulard joliment noué sur le côté, (comme c’est féminin !) un soir une robe maxi avec une cape… Puis petit à petit, choisir de  revêtir du vêtement du cœur en  portant les couleurs de l’amitié et les formes de la tolérance ! Telles sont les vraies valeurs. Un peu de  fantaisie ne nuit à personne! La vie, dit-on, est trop courte pour s’habiller triste, pourquoi  imposer à la femme cette censure?

Ya Allah ! Nous sommes femmes, non des pantins articulés ou des poupées téléguidées. Nous n’avons qu’une seule vie, pourquoi la céder à d’autres consciences?

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