Se libérer du poids du passé

J’en ai fait plusieurs fois l’expérience. Ce qui me rend malheureux ce n’est pas l’instant présent, mais ce qui mijote dans ma tête en continu. Par exemple, je marche tranquillement à la forêt, j’entends les oiseaux qui gazouillent, il fait merveilleusement bien, le vent souffle légèrement, je respire et je me laisse porter par la joie de vivre tout simplement…lorsqu’une petite voix me rappelle des souvenirs douloureux. Une toute petite voix venue du fond de mon mental me martèle que je suis fatiguée, malade ou que mérite mieux que mon Job, mieux que cette destinée, que cet appartement, mieux que ce salaire ou beaucoup mieux que untel ou tel autre !

Il suffit que cette petite voix à l’intérieur de moi, s’exprime pour que j’obéisse lamentablement à ses ordres. Une voix angoissante, perceptible uniquement par moi-même. Une petite voix qui n’en est pas une, puisqu’elle se formule par images, idées négatives ou sensations de colère ou de  tristesse. Il  suffit que je la crois pour que ma promenade devienne pénible et mes pas lourds. Et voilà que le chant des oiseaux disparaît, que le soleil s’éclipse et que le miracle de cette journée s’évanouit dans la nature! Je deviens pitoyable  et ma vie me paraît injuste et injustifiée. Elle a perdu son sens.

Encore une fois et pour la millième fois, le passé s’est emparé de moi!  Il a pris le pouvoir sur moi-même. Il m’agrippe jusqu’à l’étouffement! Mes ressentiments ont pris le dessus, ils m’écrasent et m’empêchent d’apprécier ce moment de sérénité que j’ai ressenti, un court instant.

Encore une fois pour la millionième fois, ce sombre cortège de rancœurs que je traîne avec moi au fil des ans, pèse sur mes épaules et jusque dans mes entrailles. Il se déroule devant moi là, au beau milieu d’une balade agréable, parmi ce champs de feuille multicolores et de fleurs printanières. Un bagage chargé d’amertume qui m’empêchent d’être bien ici et maintenant.

Pourtant, je le sais.

Vivre dans l’acceptation de notre passé, aussi triste soit-il, est le seul et unique moyen d’être heureux. Admettre  sincèrement  les choses de la vie comme étant ce qu’elles doivent exactement être en ce moment même, est la seule solution. Nous sommes alors en paix avec nous-même, car nous sommes là où nous devons être et nulle part ailleurs.

Puis, sans s’en rendre compte, nous nous plaignons moins, nous critiquons moins, nous pardonnons nos erreurs et celles des autres et nous apprenons à percevoir la vie sous un angle plus positif. Nous réalisons que personne n’est meilleur, personne n’est plus privilégié, personne n’est lésé, personne n’est oublié.

Lorsque l’on perd notre temps dans les regrets, c’est notre orgueil qui nous dirige et qui nous fait croire que nous sommes supérieurs aux autres, que nous avons raison et que les autres ont tort. Vivre dans cette dualité toute subjective mène au pessimisme et à la rancune. On peut avancer avec sérénité, sans ruiner notre vie avec les « si, si, et si » et les « je suis mieux là-bas et meilleur que lui » !

En examinant la situation sous une autre perspective, nous nous acceptons tel qu’on est, nous nous libérons peu à peu du passé et nous apprenons à développer des émotions positives. Nous remercions le ciel de ses bienfaits et nous considérons que nous sommes gâtés par mère nature. Nous acceptons l’autre dans sa différence, nous l’aidons, l’encourageons, au lieu de le rabaisser et de le voir comme source de notre échec ou de notre malheur.

Pour ce faire, je me dois de reprendre le contrôle de mon mental et devenir le héros de mon existence. Ce n’est pas à mes pensées nocives ou  à mes frustrations continuelles de ruiner ma journée.

Nous sommes sur cette belle planète bleue pour grandir, évoluer et comprendre. Par le simple fait de tourner notre télescope vers un autre angle, l’horizon semble nous sourire et le tour est joué !

Nous devons apprendre à devenir des donneurs. En donnant un simple sourire, la vie nous le rendra au centuple, car la joie est contagieuse. Soyons généreux ! Parfois il suffit de si peu.

Il est évident qu’il y a un travail à faire sur nous-mêmes, mais il faut essayer et je le garantis, nous en sortirons vainqueurs.

Pourquoi attendre demain ?

Je veux marcher à la forêt l’âme en paix. Tel un papillon, je butine de fleur en fleur l’esprit léger. Je choisis de faire du temps présent mon compagnon de route. J’en fais ma leçon de vie. L’acceptation sereine n’est pas passive, ni humiliante, ni résignée ; Cette « non-action » est une force formidable qui détermine mon futur. Un futur auréolé de lumière bienfaitrice.

Aujourd’hui, la vie est belle parce que je décide de la trouver belle.

Salwa Tazi About Salwa Tazi

Speak Your Mind

*