Triste ou joyeuse

Chaque jour apporte son lot de joies et de peines: à nous d’apprécier les jours-bonheur et d’accepter les jours-sans.

Que je sois triste ou joyeuse, mon cœur chante tout le temps.

Je refuse d’être l’esclave de ma souffrance. Je refuse d’alimenter ma peine et de construire ma prison, brique par brique, parce que je suis l’artisane de mon bonheur. L’héroïne de mon histoire.

Je le sais. Je le sens. Je l’ai lu mille fois. Tant de sages me l’ont martelé. Tant de prophètes me l’ont assuré. Pourquoi en douter ? Pourquoi m’entêter à ne pas mettre en pratique les paroles vraies ? Pourquoi ne pas essayer de les appliquer ne serait-ce que quelques jours pour en goûter le message? Pour me frayer un passage? Je sais qu’il suffit de prendre le chemin de la lumière pour que la lumière vienne à moi.

Je suis libre de choisir mon état. Libérée de mon triste état. Je me souviens d’une enfant qui s’était fâchée avec moi ; elle m’a subitement tourné le dos et elle m’a dit dans son langage enfantin : « Fâchée». Je lui ai répondu : « C’est dommage ! J’ai un cadeau pour toi ! ». Elle s’est aussitôt retournée en me faisant volte-face et elle m’a répondu : « Je ne suis plus fâchée ! » Je n’oublie pas cette scène. Elle me montre que je peux agir de la sorte si je le décide.

La souffrance m’a appris à chercher la paix de l’âme.

Je peux faire mon volte-face à la vie et dire sans l’ombre d’un doute : Je ne suis plus affligée. Je n’ai plus de colère en moi. La vie n’est pas injuste. Elle est, c’est tout. Je choisis de prendre mon existence comme elle vient. J’y participe en y contribuant positivement à mon niveau. En étant responsable. En y ajoutant mes ingrédients pour la rendre plus agréable et plus supportable. J’en ai assez d’endurer  mes peines! Je ne veux plus être une victime  impuissante qui subit les aléas et les examens de la vie.

Je veux m’investir consciemment dans chacune des minutes qui forment mon existence. Je désire les remplir de joies et de petits plaisirs. Je désire avancer sur mon chemin la tête haute et fière de ce que je suis devenue grâce aux épreuves qui ne m’ont pas épargnées et qui m’ont fait grandir spirituellement.

D’ailleurs, n’est-ce-pas le but de tout un chacun ? Nous sommes sur terre comme les papillons, pour un très court laps de temps. Et comme eux, nous subissons une métamorphose qui nous conduit d’étape en étape, jusqu’à l’illumination.

Nous n’avons pas de temps à perdre dans les regrets et dans la souffrance quel qu’en soit la raison. Nous sommes, faut-il le souligner, à la rude école de la vie. Cette même vie qui fait battre notre cœur et qui nous enseigne que la douleur est une compagne utile pour apprendre l’humilité et  découvrir la foi.

Notre rôle est d’avancer. Aller de l’avant et traverser les épreuves, comme on le fait pour aller d’un rivage à l’autre ; en retroussant notre pantalon ou notre robe et en nous trempant les pieds dans l’eau glacée. Puis lorsque nous sommes arrivés de l’autre côté du rivage, nous nous assiérons au soleil pour sécher nos pieds et nos larmes et nous dirons fièrement : «Je l’ai fait ! J’ai réussi à franchir cette rivière dangereuse ! A présent je suis arrivée à destination. Je suis bien. Je suis là où il faut. Là où est ma destinée.»

N’oublions pas le poème d’Ibn Farid Attar sur les trois papillons devant la flamme d’une bougie :

« Le premier s’approche et dit : Moi je connais l’amour.

Le second vient effleurer la flamme de ses ailes et dit :

Moi je connais la brûlure de l’amour.

Le troisième se jette au Cœur de la flamme et se consume.

Lui seul connaît le véritable amour. »

Pour connaître l’Amour, il faut se consumer afin de renaître dans Sa Lumière.

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