Dernière semaine, avant d’aller voter pour les élections locales. Dernière semaine pour choisir le programme qui nous sied le plus et le chef qui nous représentera le mieux. Les promesses foisonnent, les idées d’une ville meilleure ne manquent pas et les maîtres de cérémonie se bousculent au portillon des communes. Qui seront les heureux élus ? Qui sauvera nos villes ?
Déjà, dans chaque circonscription, chaque électeur doit élire deux personnes qui peuvent fort bien faire partie de deux partis distincts avec des visions différentes. Ainsi, au final, il sera créé un autre parti : le parti multicolore qui rassemblera un échantillon de chaque parti ! Bien qu’ils aient proposé des programmes intéressants, plus ou moins semblables, ensemble, ils s’ingénieront à se battre pour marquer leur territoire et imposer leur couleur politique. La division des partis, on le sait, sert les abus en tout genre. Et bonjour la cacophonie.
Pour qui voter donc? That is the question !
Pourquoi voter? Parce que les temps changent et que l’espoir est permis.
Chaque programme est plus alléchant que l’autre, chaque candidat semble plus irréprochable qu’un autre. Pour déblayer le chemin, il faut éliminer les voleurs des biens de l’État, Les corrompus notoires, tous ceux qui ont prouvé leur incompétence et ceux dont la moralité est douteuse. Tout ceux qui recherchent l’ascension sociale au lieu d’améliorer la qualité de nos villes et servir les intérêts des citoyens.
Puis, pour choisir…il faut s’en remettre à la baraka !
Sans être un oiseau de mauvaise augure, une spectatrice indifférente ou différente, je constate que les décisions communales se prennent dans une autre plate-forme que celle des municipalités et par d’autres personnes que celles que l’on élit. Comme exemple, il suffit de voir ce gigantesque plan de réaménagement urbain pour l’ensemble des villes du Royaume pour s’en rendre compte.
Voilà un immense chantier à l’échelle nationale où des milliards et des milliards sont investis. Des quartiers entiers sont transformés du jour au lendemain, le paysage urbain y est parfois méconnaissable, des arbres centenaires (oliviers, platanes, jacarandas, poivriers) sont arrachés à travers les villes du nord au sud, au grand dam du citoyen et ils sont remplacés par des palmiers adultes, très couteux et par du…gazon (de l’eau, de l’eau !) un peu partout ! Et le système d’éclairage des villes, parlons-en! A travers les villes, des lampadaires projettent une lumière sombre qui rend la visibilité difficile malgré leur renouvellement quasi annuel. En effet, depuis des lustres, « ils » remplacent des lampadaires par d’autres identiques car « s’ils » venaient à trouver les « bons » réverbères, ils les conserveraient et là… plus de transactions juteuses avec les fournisseurs. Quant à la réfection des chaussées, elle se fait souvent aux mêmes endroits au détriment d’autres.
Qui est responsable de cette gestion communale ? Quel est le rôle des communes? A quel niveau les décisions importantes sont prises ? Qui répond aux appels d’offres ? Pourquoi les citoyens ne sont jamais consultés ? Qui détient les réponses ? Qui tire les ficelles ? Qui sont les architectes en charge du Plan d’aménagement des villes? A quand un Plan d’aménagement à grande échelle pour nos piètres hôpitaux et notre justice injuste ? Que feront de plus ou de moins nos futurs élus? Obéir aux ordres d’en haut ou à ceux du citoyen lambda ? Dites-moi ?
Mes amis, derrière chaque bulletin de vote, l’œil du Système surveille. En toile de fond, impassibles vainqueurs, les vrais maîtres de la ville veillent au précieux Saint Graal. Car il ne faut pas se leurrer, les têtes de liste ce sont eux. Les vrais décideurs ce sont eux.
Quant à nous, il est de notre devoir de voter, ne serait-ce que pour demander à nos représentants d’être leur conscience*.*